vendredi 6 janvier 2012

Vendredi 6 janvier 2012 : le temps peste

Une chanson : Stormy Weather par Billie Holiday


Une image :


Un texte :

Il parait que c'est le vent qui rend fou,
Lorsqu'il nous chahute et peste contre nous.
Quand dans les heures d'après-midi,
Il fait sombre comme après minuit.
Quand dans le ballet des feuilles folles,
Les plus fortes se tiennent et les faibles s'envolent.
Ici, les gouttes claquent,
En tombant dans les flaques.
S'accrochant au passage,
A l'écorce des sages,
Qui, les pieds bien ancrés,
Même dans la tempête ne veulent pas bouger. 

mercredi 4 janvier 2012

Jeudi 5 janvier 2012 : l'amour des astres

Elle s'est parée de bleu à l'aurore pour lui plaire.

Lui, a fait mine de ne rien voir, sous son air si fier.

Elle, l'a vu venir innocent au matin.

Et lui s'en est allé dans le soir, sans un rien.

Eux se tournent autour.
Ils sont des astres sans détour.

Lui se cache parfois lorsqu'il la voit.

Elle se meurt de froid lorsque lui ne vient pas.

Lui, chauffe son coeur et ses mains dans l'hiver.

Elle, l'invite en son bain dans les eaux douces et claires.

Eux, s'enlacent sous l'azur d'été,
Quand les jours sont longs pour mieux en profiter.
Et parfois au crépuscule ils se mêlent,
Baignés d'amour dans les couleurs de l'arc-en-ciel.

Il est le soleil.

Elle est la terre.

Elle n'est plus rien si il s'enfuit.
Quand il s'en va tombe la nuit.

Mercredi 4 janvier 2012 : de la terre...

Au dessus d'un monde, 
Et sous un autre,
Coincée entre deux semblables,
Tout aussi rondes,
Il y'a la terre.
Sous ses airs de plaine,
Pleine de grâce dans le reflet du ciel,
C'est elle notre mère,
L'hôte de nos premiers pas,
Et de nos derniers souffles.
Reine sans détour,
Gardienne de nos desseins,
A chacun de ses tours.
Belle capricieuse couronnées d'océans,
Elle nous laisse, 
Chaque fois que l'on avance,
Marcher sur son séant.

Mercredi 4 janvier 2012 : un peu de ciel sur la terre

Dans le temps infini,
D'où tombent, sauvages comme la nuit,
Les gouttes des cieux;
Et les larmes de pluie.

Dans l'orage plein d'ombres,
Quand les nuages grondent.
Juste avant le déluge,
Peu après l'heure sombre.

Dans le coeur des êtres,
Quand glissent les gouttes
Derrière la fenêtre.
Quand plient sous l'eau les fleurs venant de naître.

Dans l'aurore bénie,
Où la nuit bat des ailes,
S'envolant vers midi,
Les yeux pleins de sommeil et le coeur plein de pluie,

Il y'a ici, un peu de ciel sur la terre.

Mercredi 4 janvier 2012 : sur cette page blanche



Sur cette page, blanche hier,
Il y’a des vers, il y’a des mots par centaines.
Et les « je t’aime » que j’ai écrit si fière,
Mais que j’ai effacé pour éviter la peine.

Il y’a des lettres qui se bousculent.
Toutes se taisent quand tu arrives.
Et puis chuchotent quand tu recules,
Car chacune sait que je me prive.

Que je te tais contre ma plume,
Que je te parle, mais que je ne dis rien,
De ce qui fait que je consume,
L’encre et mon coeur chaque matin.

J’avais amorcé comme cela :
« Cher toi, » mais il est resté dans un coin.
Camouflé par mes petits doigts,
Qui ont réprimé ce refrain.

Sur cette page, blanche hier,
Il y’a des vers, il y’a des mots que tu liras,
Et que j’écris comme une prière,
Qu’un jour, peut-être, tu comprendras.

Mardi 3 janvier 2012 : Poésie matinale

Ceux qui ont acheter mon recueil l'ont sûrement déjà lu... Mais pour les autres, voici un texte écrit il y'a un petit moment (pour rattraper le coup, et le zapage de publication hier).


Il est de ces matins, où la poésie s’étale de partout. 
De toutes ces pétales, de tout son long,
Dans les coeurs et sur les sourires.
Sur le bord des fenêtres et dans les sacs des dames. 
Elle est là, semblable au bonheur, pareille à l’ivresse. 
Comme un petit bouton de rose posé sur les pavés. 

Il est de ces matins où la poésie se pose,
Au fond des poches, dans les regards,
Sur la bouche des amoureux,
Dans les mains des enfants.
Elle est là, enivrante, rappelant la félicitée,
Comme l’odeur du jasmin rappelle les nuits d’été.

Il est de ces matins, où la poésie voit le jour. 
Où elle naît dans un élan d’amour,
Dans un bonjour, dans un merci,
Qu’importe la rime, qu’importe la prose,
Elle est là, pareille à la rosée,
A bercer le matin, posée sur les pensées.

lundi 2 janvier 2012

Lundi 2 janvier 2012 : tu oublieras ces mots

De lignes en vers et de livres en pages
Au fil du temps et à travers les âges,
Les poètes ont écrit.
Certains les ont aimé, d’autres les ont haït.
Certains les ont posés à leur chevet,
D’autres les ont appris.
Et toi qui lis ces lignes,
Peut-être que tu les oublieras,
Car je ne suis pas digne.
Ou tu les reliras,
En y cherchant des signes.
Qu’importe l’amour que tu donnes à ces mots,
Ils sont pour toi, tel un frêle cadeau.
Ils se briseront avec les vagues du temps qui passe.
S’oublieront dans un coin dans nos vies,
Et prendront la poussière,
Sitôt que tu auras refermé tes paupières.
De lignes en vers et de livres en pages,
Ils seront comme l’appel d’un lointain paysage,
Où l’on veut retourner, repartir en voyage,
Mais dont on oublie chaque jour un peu plus le visage.

Lundi 2 janvier 2012 : la mélodie du bonheur


Je n’ai plus peur, ni du noir, ni du silence,
Pas plus que des fantômes qui rôdent et puis qui dansent.
Je n’ai peur ni des voix dans le soir,
Ni du reflet dans le miroir.
La solitude m’effraie encore un peu,
Mais elle et moi nous entendons de mieux en mieux.
Je sais marcher sur les sentiers sans lumière,
Sans me demander ce qui se cache là derrière.
Et si je pleure parfois dans mon sommeil,
C’est pour noyer les démons qui veillent.
Je ne crie plus devant la vie,
Car j’ai des muses pour la nuit,
Et le jour, près de moi ceux que j’aime,
Sonnent pour mes craintes un requiem.
Chacun d’entre eux sans le savoir,
M’empêche de hurler et de choir.
Chacun d’entre eux, quand s’en vient l’heure,
Sans y penser, joue dans mon coeur,
La douce mélodie du bonheur.

Lundi 2 janvier 2012 : MIAOU !

Une chanson : Le chat - Pow Pow


Une image :


Un texte : Même si la mienne pète un câble ces derniers jours...

Heureux les malheureux qui tuaient leur ennui,
Dans les barbituriques et les verres de whisky.
Qui un jour découvrirent des chats tous les travers,
Mais aussi leur douceur et flegme légendaires.
Le tigré prend la pause et se montre si fier.
Le noir fuit les caresses puis se roule par terre.
Jadis le malheureux se languissait, solitaire,
Mais dans sa main la patte de la bête si fière,
Lui rappelle aujourd'hui que ce qu'il nomme ennui,
Le silence et la nuit,
Est pour son ami chat tout un art de vie.

dimanche 1 janvier 2012

Dimanche 1er janvier 2012 : bonne année !

Une chanson : Deux soyons fous, c'est jour de fête après tout ! Des classiques bien sur... Mais chantés avec tellement d'émotions. Extrait du concert "Tribute to Bob Marley" en 1999. Je vous laisse apprécier !




Une image :


Un texte :


Ce soir, c’est jour de fête. A minuit il fait noir.
Et pourtant, on célèbre les lueurs d’espoir.
La perspective d’un demain différent,
Comme si cette nuit devait figer le temps.
Sans crainte ni peur, on laisse le matin,
Nous toucher du bout des doigts, nous frôler de la main.
On garde les meilleurs voeux dans un coin de nos coeurs,
Ceux qui cachent nos doutes et apaisent nos peurs.
On donne aux autres un peu de l’amour,
Que l’on avait gardé durant 364 jours.
On glisse ses doigts dans les cheveux de ceux qu’on aime.
On les serre dans nos bras, leur souhaitant moins de peine.
A grands coups de déclarations, sonne le glas de l’an passé,
Et l’on espère celui qui vient plein de félicité.
Alors oui, on peut croire rien que pour une nuit,
Et remercier le ciel d’être là, bien en vie.
Aspirer au bonheur, pour l’année qui s’en vient.
Car croire en son destin, c’est lui tendre la main.




samedi 31 décembre 2011

Samedi 31 décembre 2011 : la clé

Les anges attendent à la porte. 
Ils n’osent pas entrer. 
Je leur ai barré la route,
J’ai mis des pierres dans leurs sacs,
Pour qu’ils ne puissent voler.
Il va pourtant falloir que je me décide,
A leur donner leur donner la clé.

vendredi 30 décembre 2011

Samedi 31 décembre 2011 : un indice pour toi

Si tu cherches bien, j’ai un indice pour toi.
On pourra jouer à deviner ce qui ne va pas chez moi.
On pourra regarder le ciel, contempler les étoiles,
On pourra dessiner nos vies sur des immenses toiles.
Tu pourras pleurer toute une nuit, et puis compter sur moi.
Si tu regardes bien, j’ai un indice, voilà.
L’amitié peut se taire, ou bien elle peut se dire,
Quand on ne sait pas comment faire, on peut aussi l’écrire.
Si elle finit en cendres, sous les pieds mal chaussés,
De la haine, de la trahison, de la déloyauté,
Ne la pleure pas, c’est qu’elle n’a jamais existé.
Si elle pardonne, si elle revient, si elle tolère,
C’est qu’elle existe bel et bien, même dans la colère.
Si tu cherches bien, j’ai un indice pour toi.
Même si mon style pour le dire n’est pas toujours adroit.
Si tu comptes, je te compte sur le bout de mes doigts,
Et au creux de ma main, quand tu auras besoin de moi.

Vendredi 30 décembre : confessions intimes... en fait non !

Parfois on écrit mais on n'est pas prêt à tout dévoiler... Alors de ce texte, on ne lira que la fin. Simplement le "happy end". On pleurera un autre jour. Pour le moment c'est à l'espoir qu'il faut se laisser aller.


(...)
Et le voyage commence maintenant. 
Celui que l’on fait, vers les fleurs de mai qui renaissent après le froid de l’hiver. 
Vers les bourgeons nouveaux qui se laisseront, à l’aube, 
aller au bonheur dans la rosée du matin. 
Je serai ce bouton de rose. 
Je serai le muguet. 
Et par les mots je promet qu’un jour, 
dans la douce lumière d’un matin de printemps, 
je renaîtrais

Jeudi 29 décembre : WARNING ! Notice d'utilisation

J’écrirai avec des larmes, sur du papier buvard.
J’apparaitrai, je disparaitrai aussitôt.
J’irai panser mes peines avec de l’art.
Si tu penses que c’est mal, alors ne lis pas ces mots.
C’est tout ce qu’il me reste,
Si tu crois que c’est sale,
Fuis moi donc comme la peste,
Ferme cette page, fais toi la mâle.
Si tu te demandes encore pourquoi,
J’ai décidé d’en parler,
J’ai choisi d’exprimer cela.
C’est que j’ai promis d’écrire et de partager,
Le jour où pour la première fois,
J’ai posé ma plume sur le sable,
Pour y dessiner un peu de moi,
Pour ne plus me sentir coupable.

Tu jugeras je sais, et moi je continuerai.
Tu me crieras de me taire.
Tu jugeras encore et moi je t’écrirai.
Je te crierai en prose, je t’écrirai en vers.
Car si hier j’ai pu douter,
De mon envie, de mon désir,
Et même de ma capacité,
A devenir poète, et à vouloir écrire,
Depuis, la vie a mis sur ma route,
Assez d’obstacles et de barrières,
Pour que seule face à la déroute,
Je décide d’user ma plume, comme d’autres font leurs prières.
Je ne nie pas avoir tort, je ne crie pas avoir raison,
Et les mots qui viendront seront comme la porte,
Qu’on laisse ouverte pour inviter dans sa maison.
A toi de choisir d’y entrer en quelques sortes.
Mais quand tu seras là, assis à ma table,
A lire les mots que mes mains,
Et que mon coeur instable,
Ont écrit cette nuit, ont mûrit ce matin,
Rappelle toi qu’ils te sont confiés un instant,
Qu’ils ne sont ni pour toi, ni à toi,
Qu’ils sont aussi éphémères que le printemps,
Et qu’aux premières gelées ce poème disparaitra.
Tout ici est comme les noeuds que l’on a démêlés,
Que l’on emmêle à nouveau,
Et qu’un jour il faut assumer d’avoir entortiller.
Et dans ce dédale de cordages,
Je n’ai besoin ni de ta critique, ni de ta pitié.
J’irai solitaire sans toi et sans les autres.
Parce que c’est ainsi que s’écrit la poésie et que se parcourt la vie.

mercredi 28 décembre 2011

Mercredi 28 décembre : leçon de conjugaison

La fin d'année, les fêtes, et autres petits détails, font qu'il est compliqué pour moi en ce moment de prendre le temps de choisir chaque jour une chanson et une image pour accompagner mes textes. Mais puisque j'ai promis d'écrire au quotidien. Voici le petit texte du jour... 

Tu changeras ma vie peut-être.
Tu aurais pu la changer.
Je ne sais où donner de la tête.
A quel temps dois-je te conjuguer ?

mardi 27 décembre 2011

Mardi 27 décembre : des êtres humains...


J’ai glissé quelques larmes,
Entre les pages jaunies,
D’un carnet à dessins.
J’ai souri en plein jour,
Pleuré en pleine nuit.
Car je ne suis qu’un être humain.

J’ai touché la sagesse du bout des doigts.
Elle est tombée en miettes,
Comme un vieux parchemin,
J’ai commis des erreurs.
Comme toi, et comme chacun,
Moi aussi j’ai eu peur,
Car je ne suis qu’un être humain.

Je suis tombée, au milieu de la nuit.
J’ai chuté à la belle étoile,
Me suis relevée sans un bruit.
J’ai marché encore un peu,
Vers là où le verbe être,
Ne se conjugue qu’à deux.
Là où le verbe aimer sait pardonner les fautes.
Et si ma poésie t’emmène,
Rien qu’un petit moment,
Où les mots pansent les peines.
Et la plume suspend le temps.
Alors viens,
Où l’on se laisse aimer avant de se haïr.
Là où l’on a le droit, de ne pas marcher droit.
Vers là où l’on se tend la main,
Car nous ne sommes que des êtres humains.

lundi 26 décembre 2011

Lundi 26 décembre : ...

Une chanson :


Une image :


Un texte :


Elles sont mortes les fleurs blanches,
De l’enfance et de l’innocence.
Et sur mon corps meurtri,
Ne pousseront plus que les herbes mauvaises.
D’aussi loin que les cyprès s’en souviennent,
Les minutes de grâce, n’ont longtemps été miennes.
Les lilas, les jasmins,
Se terniront avant demain.
Et si je me fane avant l’aube
Qu’on m’amène un bouquet d’aubépine.
Car de la rose, je n’ai que les épines.
De la belle de nuit, je ne porte que le nom.
Que le muguet soit ma dernière demeure.
Cachée dans un bouquet, symbole du bonheur.
Je renaîtrais demain, ou bien au mois de mai.
Qu’importe. Car pareille au muguet,
J’irais porter bonheur,
Où le regret paraît et où l’espoir se meurt.

dimanche 25 décembre 2011

Dimanche 25 décembre : aux parents...

Une chanson : Mama de Gyptian


Une image :


Un texte :


Ils sont deux,
Ils sont ceux d’où je viens.
Ceux qui m’ont vu naître,
Qui m’ont donné la main,
Pour apprendre à marcher d’abord,
Pour ne pas tomber ensuite,
Pour me relever aujourd’hui.
Ils sont là,
Où je reviens toujours.
Les seuls que je peux croire,
Lorsqu’ils parlent d’amour.
Ils sont ce que je suis,
Un peu ce dont je rêve.
Drôles le plus souvent,
Agaçants de temps en temps.
Mais pour eux, aujourd’hui,
Je me battrai sans trêve.
Ils sont mon passé, mon avenir,
Mes meilleurs amis.
Ceux qui m’ont vu pleurer,
Ceux qui m’ont vu sourire.
Ceux qui ont cajoler au creux de leurs grands bras,
L’enfant que je ne suis plus,
L’adulte que je ne suis pas.
Ils sont forts,
Chaque fois que je faibli.
Ils me portent plus haut,
Quand je tombe du nid.

Dimanche 25 décembre : j'imite vachement bien les gens heureux !

Une chanson : Smile de Lily Allen



Une image :

Un texte :


Si tu le vois, surtout ne dis à personne,
Que mon coeur est vide à tel point qu’il résonne.
Laisse moi feindre, et puis sourire encore,
Comme si de rien en attendant l’aurore.
Laisse moi faire semblant d’être et d’exister.
Laisse moi me cacher pour pleurer.
Car si je trompe le monde du matin jusqu’au soir,
Peut-être finirais-je, moi-même par y croire.
Je dessinerai des accents de bonheur,
Autour de mes yeux, dans le fond de mon coeur.
J’apprendrai à dire « oui »
Quand on me demande si,
Ma vie en vaut la peine,
Si quelqu’un ici m’aime.
J’apprendrai à trahir si c’est pour la bonne cause.
Et si je me débrouille, blessures et ecchymoses,
Auront l’air de broutilles et moi l’air d’aller bien.
Laisse moi sourire encore comme si de rien...

Samedi 24 décembre : comment nous avons tué la compassion...

Une chanson : Happy Christmas (war is over) de John Lennon


Une image :


Un texte :


Il y’avait des soleils, il y’avait des mirages. 
Et puis un beau matin, plus rien. 

Auparavant, l’amour, la pluie et quelques miettes de pain suffisaient à nous sustenter. 
Et puis, on avait appris à se haïr. Et les goûts, ainsi que les couleurs, faisaient de bons prétextes à se déclarer la guerre.


Il y’avait des soleils, il y’avait des mirages.
Et puis un beau matin, plus rien. 
On avait appris à détester notre voisin, notre prochain, son chien...
et tous ceux qui nous étaient différents.
On avait égaré, dans notre grande encyclopédie humaine, la définition d’un sourire et les synonymes du verbe aimer.
Et la Haine, avec un grand H, était entré dans notre quotidien, comme Christophe Colomb à la page des noms propres : triomphant d’une renommée et d’une réputation que bien des maux avaient aidé à forger. Encore exaltés de la découverte d’une terre vierge d’où avaient été chassés les derniers adorateurs de la bonté, nous n’avions alors pas encore conscience de l’irréversible et sinueuse voie vers laquelle nous marchions à pas déterminés.


Il y’avait des soleils, il y’avait des mirages.
Et puis un beau matin, plus rien.
Désormais, si l’autre était faible on l’achevait plutôt que de lui tendre la main. 
S’il était plus fort en revanche, nous baissions les yeux, observant le respect de rigueur que l’on doit aux plus grands d’entres nous. Ne pas se mettre sur leur chemin si nous avancions plus doucement, ne surtout pas les ralentir.
On reconnaissait ces Grands, aux montres qu’ils portaient, à l’air dédaigneux qu’ils arboraient, à leur façon de grimacer si vous les approchiez d’un peu trop près. 


Il y’avait des soleils, il y’avait des mirages.
Et puis un beau matin, plus rien. 
Milles et unes raisons nouvelles d’avoir peur, d’être incertains.
C’est le pied mal assuré que nous nous levions de bon matin. 

Chacun avec sa peine, tous avec notre rage.
Qu’importe ce qui nous poussait à nous haïr.
Qu’importe les démons qui nous rendaient si laids.
Nous avions, d’un commun accord, chacun de notre côté et pourtant tous ensemble, dans un ultime acte collectif qui marquait la fin de notre humanité, tué l’amour ... et la compassion par la même occasion. 

vendredi 23 décembre 2011

Vendredi 23 décembre 2011 : rien


Pas un mot qui ne vient. Pas la moindre envie de travailler.
Pas une once d’inspiration. Rien.

On guette la moindre note, le moindre mot fébrile. On voudrait écrire, mais la grâce nous est devenue étrangère. On est brisé par les silences, battu par le mutisme de la plume qui pend, superflue, entre nos doigts, et qui se dodeline par-dessus notre feuille blanche, l’air railleur.

On déteste ce moment d’absence à soi, de fragilité indicible, ce sentiment vain de n’être qu’une part de nous-mêmes dont l’autre moitié serait cachée là, derrière l’une de ces pages blanches…

On se répète un mot, un seul, car aucun autre ne vient : Rien ! Avec un grand R, un air violent, anonyme, inconnu, silencieux mais qui grince odieusement. Un air majuscule qui rappelle toutes les minuscules petites lettres que l’on n’a pas écrites, et toutes les proses qui ne verront pas le jour. Un air endimanché, retenu, solennel et qui s’éveillerait d’un bond, sautant et sursautant, pour crier à qui veut bien l’entendre qu’aujourd’hui, vous n’avez Rien écrit !

Mais faisons lui la nique, à ce Rien du tout ! 
Désormais, rien n’est plus … j’ai gratté, gribouillé quelques lignes. Je l’ai vaincu sur son propre terrain, j’ai parlé du silence pour le faire taire, j’ai écrit le néant pour le faire disparaître, j’ai tué dans l’oeuf la peur et l’angoisse de la page blanche dans un élan manuscrit. J’ai écrit … 

jeudi 22 décembre 2011

Jeudi 22 décembre : Crazy stupid love

Une chanson : How Do I Breath... Juste parce-que j'adore cette chanson.


Une image : parce-que j'ai lu un jour sur un blog, le commentaire d'une nana qui se demandait pourquoi c'est toujours quand on a une vieille dégaine et des fringues de merde qu'on croise celui dont on est amoureuse (ou son ex avec sa copine super sophistiquée)... Bah parce-qu'on s'en fout, nous ! Les princesses, les vraies, ça se réveille le matin avec les cheveux en bataille ! Et toc !


Un texte :


Si tu m’agaces quand tu souris,
C’est qu’au fond mon coeur fait des bonds.
Et quand tu me parles, moi je ris,
J’ai l’impression d’avoir l’air con.

Mes pieds sans toi n’ont plus de route,
Quand tu es là ne marchent pas droit.
Ca sent à plein nez la déroute.
Qui tombe amoureux n’avance pas.

Quand tu bavardes, moi je bafouille,
Mais mon air niais parle à ma place,
Elle me perturbe ta petite bouille,
S’en est trop, moi je me casse.

Mon petit coeur quand tu es là,
Ne sait où donner de la tête.
Il s’emballe quand je te vois,
Je dois sûrement avoir l’air bête.

Je suis perdue dans tes grands yeux,
Je vais devoir faire demi-tour.
Et pour te faire quelques aveux.
J'ai l'air stupide face à l'amour.

mercredi 21 décembre 2011

Mercredi 21 décembre 2011 : a poil les poètes !

Une chanson : Lourde ! Très très lourde ! His Eye Is On The Sparrow chantée par Lauryn Hill et Tanya Blount... Si si, enregistrée (je crois) pendant le tournage de mon film culte, Sister Acte 2.



Une image : Parce-que lorsqu'on se donne à lire, on se donne à voir aussi...


Un texte :


De l’envie d’écrire, du bonheur d’y arriver.
On s’y laisse vivre, sans avoir rien n’à y gagner.
On se laisse lire, dans la peur du rejet,
Délivré, livré, nu,
On a donné à voir nos heures ingénues.

« Lis sur cette page, chacune des mes cicatrices,
Et vois entre les lignes mes sourires audacieux.
Que ma prose te conduisent à travers les abysses.
Les mots te guideront si tu ouvres les yeux. »

On donne un peu de soi,
Beaucoup de ses secrets.
Et on meurt parfois,
La plume sur le papier,
Et le coeur à l’envers de n’avoir rien noté.
Et de n’avoir pas su, partager ses pensées.
De l’envie d’écrire, du bonheur d’y arriver.
On s’y blesse plus qu’on ne s’y console,
A coup de métaphores, à coup de paraboles.
Mais chaque nouveau matin,
Délivré, livré, nu,
On s’évertue encore à aligner des lettres,
Sans savoir si un jour, chacune sera lue.
Et si le verbe Ecrire, deviendra le verbe Etre.

mardi 20 décembre 2011

Mardi 20 décembre 2011 : Dis, maman ! C'est quoi son nom à Dieu ?

Une chanson : India Arie accompagnée par Idan Raichel - Gift Of Acceptance (que l'on pourrait traduire par "Cadeau de tolérance)...




Une image : 




Un texte :



J’ai prié Dieu.
Je l’ai appelé par tous les noms,
Pour être certaine qu’il m’entende.
J’ai joint mes mains, baissé mon front,
Lui ai fait toutes les offrandes.
J’ai marché jusqu’à Compostelle,
Pris au sud vers Jérusalem.


J’ai prié Dieu.
Une à cinq fois par jour.
Dans des temples,
Brûlant des cierges,
Tournant des moulins à prières.
J’ai cessé de boire, de manger.
J’ai couvert mes cheveux,
Mes genoux,
La moitié de mes yeux.
J’ai lu ses livres, 
Tous, 
Jusqu’à la dernière lettre.
Et ceux de ses apôtres,
Et ceux de ses prophètes.

J’ai prié Dieu.
J’ai attendu qu’il me réponde.
Pour être digne de ses signes,
Sur mon front j’ai posé des cendres.
J’ai murmuré dans toutes les langues.
Marché dans toutes les directions.
Usé mes pieds sur les sentiers,
Des pèlerinages du monde entier.


J’ai prié Dieu,
Protégeant les enfants, les vieillards, les mendiants.
Aimant mon prochain,
Respectant les anciens.


J’ai prié Dieu, en vain.
Car certains meurent de faim,
Les autres vivent dans le froid.
Et ceux qui ont un toit, s'amusent à faire la guerre.
On se bat pour des terres,
On se tue pour son nom,
On crie qu’on a raison,
Par peur de l’enfer.


J’ai prié Dieu, en vain.
Il n’a toujours pas raisonné l’être humain. 

lundi 19 décembre 2011

Lundi 19 décembre 2011 : ton cheveu blanc

Une chanson : The Past Recedes par John Frusciante.. Personnellement, j'adore !


Une image :


Un texte :

Ton pâle cheveu blanc sur le haut de ta tête,
Me rappelle les temps où nous étions en fête.
Toujours à courir et à vagabonder.
Nous n'avions d'autres peines que savoir où danser.

Et puis de jour en jour, les traits sur ton visage,
Ont fait de ta figure comme un vieux paysage,
Dessiné au fusain sur une feuille froissée,
Pour te faire souvenir que le temps a passé.

Et moi qui te regarde comme on voit un miroir,
N'y échappe pas non plus. Le temps nous laisse choir.
Et ce pâle cheveu blanc sur le haut de ma tête,
Me rappelle les temps où nous étions en fête.

dimanche 18 décembre 2011

Dimanche 18 décembre 2011 : leçon de bonheur...

Une chanson : What a Wonderful World - Louis Amstrong


Une image :


Un texte :


J’ai noyé mes chagrins dans le café noir du matin,
Et pris ma plus belle plume pour écrire un refrain.
Celui qu’on relira pour dire que malgré tout,
Même dans les heures sombres, le jour se donne à nous.
J’ai fumé ma dernière cigarette, pleuré ma dernière larme,
Dessiné sur ma face un sourire plein de charme.
J’ai peint sur nos visages, l’espoir d’un jour qui se lève,
Et graver dans nos mains, des lignes pleines de rêves.
J’ai fusillé les longues heures monotones,
Caché leur corps sous les feuilles d’automne.
Ce matin j’ai pendu la détresse, la grisaille et l’ennui,
Sur un coup de tête, en sortant de mon lit.
J’ai noyé mes chagrins dans le café noir du matin.
Aujourd’hui c’est décidé, je vais bien.